Voix(es) mineures : Séance plénière 5 : Mouvements diasporiques et mémoires mobiles

Partie 1 :
Guérir grâce à l’écriture : le dangereux silence des judéo-méditerranéens et orientaux exilés en France par Elisabeth Schulz et La "mémoire de la périphérie" dans la littérature migrante française d'Isabelle Galichon.



Partie 2 :
"Mots de passe" et "composantes de passage" : l’art nomade de Theresa Hak Kyung Cha par Marie-Agnès Gay et L’auto/biographie relationnelle, espace de réconciliation avec cet autre soi et de (re)construction de la mémoire culturelle : Lucky Child, de Loung Ung de Nelly Mok.



Intervenant(s) : Assia MOHSSINE, Elisabeth SCHULZ, Isabelle GALICHON, Marie-Agnès GAY, Nelly MOK

Collection : Voix(es) mineures, témoignage et culture. De la marge à la norme, chemins de résistance
Chaîne : Conférences

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Capturée le 00-00-0000 | Publiée le 06-12-2016 | Durée 1:05:03

Résumé

Revendiquer une visibilité, une reconnaissance et un droit sinon à la justice, du moins à s’entendre prononcer des repentances lorsqu’il a subi des...lire la suite

Revendiquer une visibilité, une reconnaissance et un droit sinon à la justice, du moins à s’entendre prononcer des repentances lorsqu’il a subi des torts. Un des principaux canaux ou étayages des revendications ou des récits liés à l’histoire vécue est constitué par le témoignage. Ainsi, l’expression de voix collectives, passant généralement par des modes d’énonciations individuelles, rappelle les événements traversés par le groupe en question, et en construit et entretient la mémoire.
Mais cette situation est-elle pérenne ? N’est-elle pas la représentation d’une scène idéale d’équité démocratique par la reconnaissance mémorielle ? N’y a-t-il pas là une nouvelle forme d’hégémonie produisant elle aussi ses marges et ses exclusions ?
Il s’agit d’interroger la validité de cette triple articulation groupe, témoignage et culture, à partir de parcours de minorités et d’hyperminorités. On attendra donc que soit retracée l’évolution de l’identité de ces groupes, passant par la prise de conscience de leur passé et l’élaboration de leur mémoire. On sera attentifs aux modes de l’action artistique ou politique par lesquels ces groupes se sont exprimés et quelle a été leur réception à travers le XXe siècle, principalement sa deuxième moitié et le début du XXIe siècle.
Cette vision en perspective permettra de revisiter, voire de réévaluer des concepts clés tels que, entre autres, {Agency}, culture et contre-culture, mémoire culturelle /mémoire communicative (kulturelles Gedächtnis/kommunikatives Gedächtnis), Multidirectional memory, Postmemory, postcolonialisme, hégémonie, minorités et hyperminorités, témoignage et mémoire, trauma… en marquant notamment leur évolution entre les années 1960-1970, moment de l’émergence d’actions autant que de théories sur ces questions, et les années 2000.
Cette réflexion associe donc le témoignage et la mémoire à la double notion de culture et de mineur : qu’entend-on par là ?
Par culture, il s’agit de considérer les multiples « voie(x)s » intégrant tous les types de « productions » humaines : artistiques, littéraires, scientifiques, philosophiques… Celles-ci circonscrivent ce que l’on estime être la « culture », au sens large d’expressions des phénomènes et des productions de connaissances transmissibles entre humains.
Le terme mineur, quant à lui, qualifie des processus « minorants » correspondant à une « contrainte extérieure » (simple ou multiple) menant à l’affaiblissement des libertés fondamentales des sujets qui produisent ces voix. Leur émergence devient alors une nécessité, une énergie de résistance et d’opposition, ce que recouvre en anglais le terme Agency (une opposition créatrice du dominé face à l' « hégémonie » culturelle / politique / sociale du dominant).
 

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