Musique traditionnelle : mémoire ou fantasme ?

Intervenant(s) : Jean-François HEINTZEN

Collection : Façons de penser
Tag : Mémoire, Musique
Chaîne : Conférences

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Capturée le 07-04-2010 | Publiée le 04-03-2011 | Durée 1:33:39

Résumé

Jean-François « Maxou » Heintzen joue de la vielle à roue et de la cornemuse. Il est membre de La Chavannée, un groupe basé à Embraud...lire la suite

Jean-François « Maxou » Heintzen joue de la vielle à roue et de la cornemuse. Il est membre de La Chavannée, un groupe basé à Embraud dans l’Allier, qui travaille sur le patrimoine musical entre Bourbonnais, Nivernais et Berry. Il a publié Pratique du jeu de vielle en centre France, le récit de ses apprentissages dans Les madeleines, et enregistré nombre de CD avec différents groupes.
En musique, tout est affaire de mémoire dès qu’on parle de « tradition ». Mais n’y aurait-il pas confusion – inconsciente peut-être – entre mémoire et histoire ? Entre expérience individuelle et destinées collectives ? Ceux qui défendent les répertoires musicaux vernaculaires souhaitent à tout prix que leur auditoire garde le souvenir d’une époque qu’ils n’ont eux-mêmes pas connue. Les répertoires, les styles et les fonctions des musiques traditionnelles nous parviennent par le biais de la collecte, par transmission directe de la mémoire de l’un ... aux doigts de l’autre, entre l’ancien qui sait et le jeune qui apprend.
Mais que fait-on de cette mémoire ? La plupart des instrumentistes et chanteurs savent bien qu’isolée de son contexte, une matière musicale perd son sens et sa fonction originelle, ses parfums et qu’elle se sclérose inexorablement. Etrange destinée pour un art populaire, et peut-être renoncement bien triste pour l’instrumentiste qui ne jouerait plus que pour des catégories d’âge et des publics aussi connaisseurs que restreints ...
L’exigence de mémoire porterait-elle en elle la mort lente de la musique traditionnelle par perte du sens ? Ne faudrait-il pas s’en dégager au nom de l’oreille, de l’oeil et du corps tout entier pour emporter l’auditeur dans les timbres, les rythmes, les postures puisées dans les anciens répertoires ? Et si la musique traditionnelle n’était qu’un fantasme, que chacun vit à sa manière ? Entre mémoire savante et interprétation, n’y a-t-il pas place pour une fabrique à émotions et à rêves au gré de l’inspiration et des résonances étranges qui font vibrer les sensibilités du public et des musiciens ? En piste pour une conférence ... musicale !
 
 
 

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