Pauvreté : la différence qui stigmatise ?

Intervenant(s) : André GUESLIN

Collection : Façons de penser
Chaîne : Conférences

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Capturée le 09-04-2015 | Publiée le 09-04-2015 | Durée 1:28:24

Résumé

"Les pauvres sont des assistés qui coûtent cher à la société". "Leur vie familiale est instable". "Ils font des enfants p...lire la suite

"Les pauvres sont des assistés qui coûtent cher à la société". "Leur vie familiale est instable". "Ils font des enfants pour toucher des allocations, mais ils ne sont pas suffisamment responsables et s’en occupent mal". "Ils sont démotivés et ne cherchent plus de travail". "Une famille qui bénéficie du RSA s’en sort mieux qu’une famille qui perçoit le SMIC". "S’ils sont à la rue, c’est qu’ils l’ont choisi"… _ Quantité d’idées reçues expriment bien l’évolution du regard sur la pauvreté depuis une vingtaine d’années.
Diverses enquêtes montrent que la pauvreté est plutôt considérée comme une injustice à réparer jusque vers 1995. Mais avec la montée du chômage de longue durée, la perception sociale change. À compter des années 2000, on passe de la compassion à la culpabilisation des pauvres qu’on juge paresseux. Désormais les aides s’inscrivent dans le "donnant-donnant" et font de plus en plus l’impasse sur la détresse matérielle et morale. Quel est donc le visage de la pauvreté aujourd’hui ? Comment ont évolué les normes pour l’appréhender ?
Quelle gradation observe-t-on depuis l’insertion jusqu’à l’exclusion sociale, de la marginalisation à la précarisation ? Qu’est-ce qui rend les pauvres différents au point d’en faire des êtres à part ? À quelles formes de discrimination sont-ils confrontés ?
La distinction historique traditionnelle entre "bons" et "mauvais" pauvres est-elle encore d’actualité ? Entre la peur et la pitié qu’ils inspirent d’un côté, et la stigmatisation qui les ramène à des réactions de survie de l’autre, comment les pauvres peuvent-ils espérer retrouver dignité et estime de soi ?

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